L’athlète corporatif
Quand on se met à comparer le comportement des athlètes d’élite à celui des hauts dirigeants, tous deux soumis à des seuils de performance toujours plus élevés, on est frappé par le retard qu’accusent ces derniers face aux accomplissements dont sont capables les premiers. Pour avoir un début d’explication, il faut savoir que les activités des hauts dirigeants, au même titre que celles d’une grande partie de la population menant une vie aussi effrénée, s’accordent peu avec l’objectif d’apprendre à se connaître de plus en plus soi-même pour continuer d’avancer, but premiers des athlètes d’élite et des adeptes sérieux de nombreuses disciplines artistiques.
À l’instar des athlètes d’élite, les femmes et les hommes d’affaires dépendent du bon fonctionnement de leur batterie, c’est-à-dire de leur système énergétique, pour être capables d’être productifs à tous les jours. Être productif, ça peut être en camping, à la pêche, quand tu prends une marche avec ta femme, quand tu dors d’un sommeil profond, quand tu performes et quand tu vends au bureau.
Le problème, c’est que les femmes et les hommes d’affaires ne sont pas conscients de cette dépendance tandis que les athlètes d’élite ont appris à en déceler les moindres manifestations. Quand on ne le sait pas, on ne peut pas passer beaucoup de temps à étudier comment on fonctionne, à apprendre à nous connaître.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le bon fonctionnement de notre batterie nous incombe entièrement. Et pourtant…
Quotidiennement, le gaspillage énergétique, que l’on peut définir par une dépense d’énergie supérieure à la fonction réparation et restauration de l’organisme, est plus élevé chez les hommes et les femmes en charge de hautes fonctions que chez les athlètes d’élite. Par surcroît, pendant qu’ils gaspillent leur énergie au fil des ans, les exigences du marché face à leur rendement ne cessent d’augmenter. Se rendre au travail devient de plus en plus forçant et il y a de plus en plus de symptômes désagréables qui doivent être traités à partir de médicaments, seul moyen expéditif de diminuer l’intensité de la souffrance.